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Michel Cazenave
LA SUBVERSION DE L'ÂME
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| « Si je veux être sincère et c’est d’une nécessité absolue à l’entrée d’un tel livre je dois bien avouer, au fond, que Tristan et Iseut représente la figure de mon mythe personnel, et que j’en aurai apparemment de toute mon existence à m’expliquer avec lui, dans une distance de plus en plus affirmée qui, d’une manière paradoxale, me le rend de plus en plus essentiel, dans une adhésion d’autant plus forte qu’elle est plus détachée. Pourquoi parler en je ? C’est que tout le monde, en fin de compte, ne peut rien énoncer que de sa position psychique personnelle, et que c’est la moindre des choses d’en prévenir le lecteur. Dans le domaine qui est le nôtre, je ne pense pas en effet que puisse venir au jour une interprétation objective, toute interprétation se faisant dans le contexte archétype de celui qui énonce. |
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Il était donc important de savoir que ce livre est l’état des recherches, à un moment donné, d’un auteur contingent sur l’histoire qui l’anime et le guide dans sa vie. »
« Michel Cazenave est tristanien comme d’autres sont apolliniens, ou dionysiens, ou chrétiens : Le roman de Tristan m’est, au premier sens du mot, la Bible, nous confiait-il voici déjà treize ans, dans son premier essai sur les amants bretons, intitulé combien significativement ! on le verra Le Philtre et l’amour . Il nous rappelle ici cette profession de foi en ajoutant pourtant que sa lecture de l’époque manquait du souffle que lui a donné l’âge mûr pour parvenir à son terme. Elle en était restée, sur ce point, aux trois quarts du chemin et c’est ce bout manquant que je voudrais parcourir, nous avoue-t-il. »
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Illustration de couverture : Un chevalier rejoint France et Actente sur leur nef.
Maître du Cœur d’amour épris. Österreichisches Nationalbibliothek, Vienne.
Composition et mise en page : © ATHENA PRODUCTIONS / DMi
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