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A. Bouché-Leclercq
ONIROMANCIE
ou
LA SCIENCE DES RÊVES DANS L'ANTIQUITÉ
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Le sommeil est déjà l’image de l’enthousiasme ou possession divine ; il produit les mêmes effets ; il enlève à l’âme son initiative, la direction d’elle-même, et ne lui laisse que ses facultés passives. Elle contemple alors, sans pouvoir les distinguer de la réalité, les images symboliques qu’une puissance supérieure fait défiler sous son regard.
L’oniromancie, qui doit à l’intuition, et non pas à l’observation extérieure, les données sur lesquelles elle établit ses conjectures, a été classée, dans l’antiquité, parmi les procédés de la divination naturelle ou intuitive. |
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Le grand débat fut de savoir si la révélation venait à l’âme du dehors, ou si elle y était déjà contenue à l’état latent. « On appelle théopemptoï (envoyés par les dieux) tous les songes inattendus, » affirme Artémidore, qui pensait que les dieux fournissaient la pensée prophétique, et l’âme, les images ou symboles dont cette pensée était revêtue.
Il admet que les dieux envoient des songes puisqu’on leur en demande ; et affirme en même temps que « le songe est l’oeuvre des dormeurs ».
Le songe deviendra ainsi « un mouvement ou une conformation de l’âme, qui annonce les biens et les maux futurs, » et, sur cette base, l’antiquité construira son oniroscopie (l’observation des songes) et cette onirocritique (l’interprétation des songes) qui constituent l’oniromancie.
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Illustration de couverture : D.R. Composition et mise en page : © ATHENA PRODUCTIONS / PhC
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