Pétition pour les langues régionales ou minoritaires - Charles de Gaulle

Charles De Gaulle
PETITION POUR LES LANGUES REGIONALES

COLLECTION ETUDES & ESSAIS

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D’une impertinence jamais démentie, cet ardent plaidoyer pour les langues nationales date de 1870 ! Langues nationales à juste titre, explique Henri Gaidoz, « car toutes les langues qui, par tradition séculaire, se parlent dans une région particulière de notre patrie ont également droit à ce titre. Ce n’est que par ignorance ou par esprit de tyrannie qu’on peut confisquer l’usage exclusif de ce titre pour ce qui est à proprement parler la langue de l’état, langue nécessaire comme moyen de communication générale, et à l’intérieur et vis-à-vis de l’étranger, mais qui ne devrait pas se prévaloir de sa primauté (due aux hasards de l’histoire ou de la conquête !) pour opprimer et prétendre exterminer ses rivales.
Hélas ! Cet esprit de tyrannie est aujourd’hui celui de tous les grands états centralisés ! On n’a jamais tant écrasé et bâillonné les petites nationalités en Europe que depuis qu’on a inventé le principe des nationalités… »
Cette édition de la Pétition est enrichie d’une nécrologie de Charles De Gaulle par Henri Gaidoz et d’un supplément en forme de postface sur La supériorité de la langue gallèse qui fut, comme beaucoup d’autres langues d’oïl, un sérieux concurrent du parler d’Ile de France avant que celui-ci ne fût imposé par la force.

Charles De Gaulle – l’oncle du général – né à Lille en 1837, avait appris le breton au point d’en faire sa seconde langue maternelle. Il se manifesta en Bretagne par la fondation du journal breton Feiz ha Breiz et par l’établissement d’une sorte de société des poètes bretons sous le nom de Breuriez Breiz « Confrérie de Bretagne » avec La Villemarqué à sa tête.
Il rêvait la résurrection des langues celtiques comme langues littéraires et nationales, et l’union des peuples celtiques en une sorte de fédération morale. On lui doit un autre manifeste :
Les Celtes au XIXe siècle ; appel aux représentants actuels de la race celtique.
Charles De Gaulle est mort à Paris le premier janvier 1880.

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Illustration de couverture : L’arbre des blasons des provinces de France,
Composition et mise en page : © ATHENA PRODUCTIONS / PhC