Amand Cocar, PAYSANNERIES, précédé de DÉFENSE ET ILLUSTRATION DE LA LANGUE GALLÈSE
par Joachim du Pâits-Belly

Amand Cocar
PAYSANNERIES
Précédé de
DÉFENSE ET ILLUSTRATION DE LA LANGUE GALLÈSE
par Joachim du Pâits-Belly

COLLECTION TRADITIONS POPULAIRES

Texte intégral imprimable

« Eh bin, j’vas vous conteu eune petite histoire ousqu’i n’y pas un brin d’politique ni d’mechancetê pour le pauv’monde. » Dame, c’est ma fa ben vra qui nn’êyit point d’mechancetê en tou, le Père Kœurgis qui raconti dans la Keurnique lê drôletês au pauv’mond’de cheu nous. Faut bé qu’on s’amuse un p’tit ca.

Ê I nous fit ben rire,  o ses z’histoares o la mère Chalopin o son mouchoueu à fieurs ; le Benjemin Lobard et l’gars Bousin du villaïge de Pincecul en Languiein ; l’père Chantrê du Choucha, en St-Ouen, sa bourgeoise la Zoé et ieur garrs le Natole qui l’z’enveyirent z’à Paris, pour ête entudiant ; et, pari, o l’père et la mère Chantiau qui s’confessirent l’une l’aoute dans leur gueurnieu quand cêti qu’lieau monteu, monteu, monteu et qui creuyirent que l’iau allê emporteu la mainson...

Tou’l’monde sont là, dame : l’Zidore Beurtê, le Jean-Mari Bianchet, de la Beurbitièure, en Javené ; le Polydore D’laouna, du bourg de Villamée ; le Polyte Roussia, de la Ramenâs en Poilley et la Philomaïne Groussard ; l’Jôsê Denouard, de Dompierre, l’Todore Pirotas ; et les maoudites fumelles, bon guy — nn’avait cor en c’temps-là qui n’faeuseu point tant magnieures coume les siennes d’asteure ! — : la Nathalie Boursiœ, la Phrâsie Poupin, la mère Couânon, du Choucha, et la Rosalie Menaïgeu de la Tempieurie su’la route d’Ernée.

 

Les quatorze paysanneries rassemblées ici pour la première fois parurent de 1908 à 1914 dans La Chronique de Fougères, Le Petit Fougerais et Le Réveil Fougerais. Elles furent signées : Maître Quéru, Kœurgis et Louis Clément : des pseudonymes qui ne trompaient pas les amateurs, on y retrouvait trop l’humour d’Amand Cocar, journaliste  dans toutes ces revues.
Amand Cocar, né à Saint-Brice-en Coglès en 1864, est mort à Fougères en 1917.

Dans sa préface en forme de manifeste, Joachim du Pâtis-Bellay conclut que le gallo est une langue qui ne peut pas manquer de revenir à l’honneur, « Cré bon Guy, faudra ben y rev’ni r’à l’Gallo, » vu que c’est une langue dans laquelle il n’y a point de mots pour se plaindre et pour mentir…

Page d'accueil
Sommaire
Illustration de couverture : A la terrasse d'un café, les trois amis,
Maurice Le Scouëzec, © 1921

http://www.lescouezec.com
Composition et mise en page : © ATHENA PRODUCTIONS / PhC