Ils rêvent aussi de beaux mariages. Aussi bien que des bergères terriennes épousent des fils de roi, les moussaillons épousent des princesses. Par hasard, comme Jean de Calais, à la suite d’un défi Le Bateau qui va sur terre, comme sur mer, ou après les avoir délivrées d’un diable qui les a enlevées Le Vaisseau merveilleux, Jean des Merveilles .
A travers l’origine supposée des vents, ils nous racontent, comme les bribes d’une cosmogonie, une histoire du monde dans laquelle les animaux terrestres ont peu de place et les fées ou Bonnes dames, qui distribuent l’Instruction et le Jugement sont le moteur de tout.
Enfin, les moussaillons mille sabords ! n’ont peur de rien, ni du Pilote de mer un étrange Neptune ni du diable Le Vaisseau noir, Le Saint-Marcand, Le Navire du diable ; et rien ne les amuse tant que la satire : vingt-six contes, sur les soixante de leur répertoire inventorié, sont des contes satiriques ou facétieux.
De 1880 à 1885, Paul Sébillot recueillit trente-cinq contes de la bouche de François Marquer et vingt-deux de celle de Joseph Macé, tous deux moussaillons de Saint-Cast. Ils étaient âgés de treize à seize ans et n’étaient pas encore matelots. Éparpillés dans six recueils différents de Paul Sébillot, leurs contes n’avaient jamais été rassemblés en un seul volume. On ne pouvait pas avoir goûté leur saveur et leurs enchantements particuliers : c’était à l’aube de deux vies de marins.