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« Des ruines et quelques vieux. » Une jeunette aussi. Les vieux, ce sont : Augustine, la commère, Quentin qui a encore une vache, César l’aveugle et Mamm-Gozh, la grand-mère aux jambes qui ne la portent presque plus ; la jeunette : la petite-fille de Mamm-Gozh, une sauvageonne autiste : Morgan. Une meute de chiens des bâtards errants hante la lande. Les grandes ombres des morts : la mère de Luc et la mère de Morgan, Mamm-Babette ou des absents qui l’ont toujours été le père de Luc squattent les consciences.
« Méfiance, Monsieur, méfiance ! » Quentin avait prévenu le citadin : « la terre ici est gourmande. Celui qui reste, bien vite ses racines senfoncent malgré lui. Et la terre pompe et tire dessus. Cest fini. Cest noué. Vous ne pouvez plus bouger. »
« Le vieux putois », comme lappelle Le Honsec avait raison. La terre du hameau monte à la tête du héros. « Je suis arrivé là comme un gland et je me sens arrimé, racines et tout, aussi sûrement quun vieux tronc de chêne. »
Lexistence du hameau est menacée
Brigitte Dubois, dont cest le premier roman, réussit le tour de force de nous rendre proche et presque familier de cet univers en marge, et den décrire la subtile complexité avec une écriture forte, riche en trouvailles et généreuse dinventions.
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