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Marc Baron
MA PAGE BLANCHE, MON AMOUR
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« Les Sables-d’Olonne, 14 heures 30. A la terrasse de la crêperie La Pendule, face à la mer.
» J’ai une heure trente devant moi. Une feuille blanche et le 3e tome du journal de Paul de Roux, Au jour le jour.
» Je me dis que tout est possible comme chaque fois que le désir d’écrire me tend comme la corde d’un arc. En moi s’exercent une pression tenace, une nervosité à fleur de peau. Je vais écrire, je le pressens, je le sais parce que depuis plus de trente ans les choses se passent ainsi, sans lassitude.
» A chaque poème nouveau, c’est un pas de plus sur ce chemin qui n’existe pas avant que j’y pose le pied et la plume. Où irai-je demain ? |
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» Le poème me conduit là où je ne voulais peut-être pas aller. En ce sens, l’écriture n’est pas un voyage organisé. C’est même un laisser-aller total, un abandon extrême au flux et au reflux de la tempête qui se lève.
» Le désir mène la barque. Sans désir, tout se brise. » |
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Violence du désir
Et violence de l’inattendu
Ne pas dormir
Ouvrir le livre
Intensément le vide
Attendre la plénitude
Marc Baron
Journal d’écriture, 16 avril 2004
Une enfance dans les labours a convaincu Marc Baron que seule l’écriture du soc et de la charrue peut atteindre le nœud du problème. Ses premiers poèmes ont paru dans la NRF en 1975. Il a publié depuis une quinzaine d’ouvrages de poésie dont le dernier Donne-moi de l’eau pure, aux éditions La Part Commune. Marc Baron a obtenu le Grand Prix des Ecrivains Bretons en 1986.
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Illustration de couverture : Odilon Redon, D.R.
Composition et mise en page : © ATHENA PRODUCTIONS / MB
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