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Jean-Claude Frère
RAYMOND LULLE
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| Raymond Lulle, un nom, une époque : la seconde moitié du XIIIe siècle et le début du XIVe, lâge dor du moyen âge occidental. Un philosophe, un mystique, un homme daction. Né en 1235, lapidé, dit-on, par les musulmans à Bougie en 1315, Lulle fut à la fois béatifié par lÉglise romaine en 1419 et considéré à tort par la majorité des gens comme un alchimiste, si ce nest comme un sorcier. Car Lulle, cest aussi une légende : celle de lalchimie que lona prétendue lullienne. |
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En fait, il ne fut jamais un alchimiste au sens courant du terme. Mais lédification de son « Mundus imaginalis », procède pourtant dune alchimie intérieure, celle des saints et des mystiques. Enfin, il fut poète de Dieu, chantre des visions infinies, disciple peut-être des plus grands dentre les soufis maîtres de lésotérisme musulman et des plus illustres docteurs de lEglise catholique.
A coup sûr encyclopédique, Raymond Lulle fut à la fois ermite chrétien contemplatif, mystique profond et poète catalan délicat, métaphysicien et logicien original, orientaliste érudit, théologien et savant, homme daction politique religieuse remarquable. Errant et indépendant, troubadour, professeur et missionnaire tour à tour hardi jusquà paraître extravagant et fou, optimiste jusquà lutopie, notre Majorquin eut une influence considérable sur la pensée espagnole et française de son temps, inspira plus tard du respect à des philosophes comme Leibniz, sut prendre les esprits au point que la Catalogne et les Baléares ne cessèrent jamais de posséder de fervents admirateurs et disciples du véritable lullisme.
Les aspects si divers du personnage, létrangeté de son existence et lénigme mal éclaircie de sa mort en font un saint de légende, lenvironnent dune auréole mystérieuse et poétique. Il nous captive comme trait dunion entre deux civilisations, celle de lEurope catholique et celle de lOrient judéo-islamique, comme vulgarisateur de la spéculation et de la science, comme mystique et homme daction.
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Légende de couverture : Sont représentés, sur cette page extraite du Breviculum de Raymond Lulle, les neuf doutes sous la forme de philosophes, à gauche face à léchelle des réalités objectives. Léchelle de lArt que Raymond Lulle indique de sa main gauche natteint pas plus haut que les créneaux de la Tour du salut,
au-dessus de laquelle resplendit la Trinité. Au pied de la tour : les Enfers où brûlent les sept vices.
Collection Alexander Roob © Benedikt Taschen Verlag Gmbh. Composition et mise en page : © ATHENA PRODUCTIONS / LB
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