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E. Du Laurens de la Barre
FANTÔMES BRETONS
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« Les légendes s’attachent, comme les oiseaux de nuit, aux lieux sombres et déserts, aux ruines abandonnées, aux grands rochers des montagnes ou des grèves ; aux cavernes profondes que les imaginations poétiques des pêcheurs et des habitants de la campagne, se plaisent à peupler de pittoresques fantômes. C’est dans ces demeures du silence que le chercheur de souvenirs dirige sa course solitaire. Il contemple les rochers ; il remue les pierres des ruines ; il écarte la mousse et les ronces qui couvrent les vieux sentiers. Puis il interroge patiemment ces débris muets du temps passé, et il finit toujours par leur arracher quelques secrets intéressants. Les légendes bretonnes sont sœurs des chants de nos bardes et, forment, avec le Barzaz Breizh, du Vicomte Hersart de la Villemarqué, le fonds de la poésie primitive des Bretons.
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« Les recueillir, les publier, cest donc travailler, non à une uvre personnelle, mais à une uvre qui touche à lintérêt littéraire du pays.
« Ce fut dans cette pensée que lauteur publia, en 1857, ses premières légendes, sous le titre de Veillées de lArmor. Cest dans le même but quil vous adresse ce nouveau recueil de récits populaires.
« Ici, aucun ordre arrêté. Lauteur prend à peu près au hasard des articles épars çà et là, de manière à donner une sorte de spécimen de chacun des genres quil a pu traiter dans son humble carrière de chercheur.
« Ces récits doivent être oubliés ou peu connus et quelques-uns sont inédits.
« ...La jeunesse rit en les écoutant,
« Lâge mûr sourit en les méditant
« Ce sera comme le testament dun vieux conteur. »
DU LAURENS DE LA BARRE,
Coat-ar-Roch, 1er janvier 1879.
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Illustration de couverture : Les lavandières de nuit, détail, Yann Dargent. Composition et mise en page : © ATHENA PRODUCTIONS / CV
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