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Anatole France
L'ESCALADE
11 décembre 1602
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« Les troupes marchaient lentement, alourdies par le matériel qu’elles transportaient, haches et gros marteaux, et les claies pour jeter sur les fossés et les échelles destinées à l’escalade. Ces échelles, peintes en noir, étaient munies par le bas de pointes qui devaient les fixer à terre et, par le haut de crochets de fer afin d’agripper les murs. Elles se composaient de diverses pièces, qui s’emboîtaient les unes dans les autres, de manière à s’allonger ou se raccourcir au besoin. Les Savoyards arrêtaient les paysans qu’ils rencontraient pour que ceux-ci n’allassent point donner l’alarme à Genève. Comme ils approchaient de Champey, ils crurent voir dans le ciel des flammes et des colonnes de feu. Ils en eussent pris peur. Mais il se trouvait parmi eux des astrologues du duc qui les persuadèrent que c’était signe de victoire.
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» Ils suivirent le cours sinueux de lArve, entre les haies qui les cachaient, au bruit des eaux qui couvrait le cliquetis de leurs armes
»
Ce très beau texte dAnatole France, qui relate les événements de la nuit du 11 au 12 décembre 1602 (le duc Charles-Emmanuel de Savoie essayant de semparer de Genève), a paru la première fois dans lAlmanach du Bibliophile pour lannée 1903. Nous le publions avec l'aimable collaboration de la BPU (Bibliothèque Universitaire de Genève).
2002 commémore le 400e anniversaire de l'escalade.
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