Dans les Petites recettes choisies pour restaurer le chaos, l’auteur de L’érotisme et le sacré, et de L’amour sublime, nous offre des textes courts, resserrés, nourris d’hermétisme et de références. Il procède par touches successives, délicates, par discrètes évocations pour ré-unir, dans une démarche étrange, un faux-semblant de verbe surréaliste aux verbes créateurs : Eros et Logos. Car le logos n’est pas unique dans cette cosmogonie et sans l’Éros, le monde n’est pas né. L’invocation du chaos (un chaos féminin, fertile et tout puissant) est une manière renouvelée de retour vers un futur.
Les deux poèmes d’Eleusis et de la Sulamite, aux résonnances infinies, ne représentent pas ici une ornementation artificielle du dire poétique ; ils en sont la chair même, au-delà de tout ce qui s’efface, là où s’affirme la prééminence de l’être : et langage et pensée, et désir d’amour et désir d’éternité.
Au cœur de cette étonnante parousie du signe analogique, on plonge dans l’essentiel ; et les hauts labour de cette glaise d’étoiles » nous emportent jusqu’au renouvellement de l’extase orphique :
« Fils de la terre et du ciel étoilé, Je suis. »