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De monsieur Guerni (quatorzième), on voit bien quil a appris la sophrologie. Les Girard, au troisième, sont retraités. Le narrateur qui nous les décrit est « décrocheur de poubelles ». Il possède au plus haut point le sens du bien public. Il a entretenu les trottoirs, balayé les squares, soufflé les feuilles mortes des caniveaux. Passé à la benne en 1964, il a effectué mille neuf cent quatre-vingt dix tournées journalières de collecte, « au porte à porte et au petit matin. Mille neuf cent quatre-vingt dix petits matins, accroché au cul de la benne. Lété et lhiver. » Rien de plus quotidien que cet univers décrit ici par lemployé municipal. Rien de plus fantastique pourtant quand les pensées très ordinaires de ces braves gens les conduisent, avec un bon sens évangélique et une candeur effrayante, à réinventer et justifier le sacrifice humain. Certainement les anges ont de quoi pleurer à la lecture de ce thriller psychanalytique, et de quoi éclater de rire aussi, quand le thriller tourne au guignol. Mais ils rient jaune. Et le lecteur aussi. Y a-t-il, depuis lassassinat dAbel, un meurtre auquel nous soyons totalement étrangers ?
Il fallait beaucoup de talent pour donner vie à une histoire aussi simple et rendre convaincante cette visitation de nos in-consciences criminelles. Brigitte Dubois la eu. Le deuil des anges est son deuxième roman.
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