LA RAZZIA VACHES DE COOLEY, traduit par Joseph Loth

LA RAZZIA VACHES DE COOLEY
ou L'ENLÈVEMENT DU TAUREAU DIVIN ET DES VACHES DE COOLEY
Traduit par Joseph Loth

COLLECTION POÉSIE – Classiques irlandais

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La saga que les Irlandais appellent le Tain Bo Cuanlge, dite en français « La razzia des vaches de Cooley », raconte l’expédition entreprise au royaume d’Ulster par Medb et Aillil, reine et roi du Connaught pour conquérir un taureau « divin » : le « Brun de Cooley » (Donn Cúalnge). Ce taureau, propriété des Ultoniens, était en effet la septième forme de l’un des gardiens des porcs des dieux. Il avait revêtu, après avoir été porcher, l’aspect d’un corbeau, d’un phoque (ou d’une baleine) ; il avait été un guerrier éminent, un fantôme, un ver, et enfin ce taureau. L’essentiel de l’épopée consiste dans le récit des héroïques combats livrés pour la défense de l’Ulster par l’un de ses enfants : Cuchulain, « le chien de Culan ». Compilée au VIIe siècle après Jésus-Christ, le texte et les poèmes qu’elle contient nous émeuvent par la description qu’on y trouve des états d’âme du roi et de la reine de Connaught, de leur conseiller et « dissident » Fergus et de nombreux personnages.
La société décrite ici est celle de la civilisation laténienne, celle des tombes à chars dont l’Europe toute entière est semée. L’auteur fait manœuvrer devant nous les guerriers et les cochers de ces chars et sa fresque, puissante et colorée, témoigne de la majesté et de la courtoisie de ces temps héroïques qu’Homère exalte aussi en son Iliade. Un texte en l’absence duquel nous ne saurions pas de quelle civilisation le moyen âge européen a hérité son esprit chevaleresque.
La tradition veut qu’au VIIe siècle de notre ère l’ensemble de la saga était perdu. Senchân Torpeist, chef des filid d’Irlande, envoya alors deux de ses disciples, Murgen, son fils, et Emine hua Ninente au tombeau de Fergus Mac Róig, un des principaux chefs de l’armée de la reine Medb. Murgen s’assit près du tombeau. Immédiatement apparut un nuage qui pendant trois jours et trois nuits rendit Murgen invisible à ses compagnons. Fergus sortit du tombeau ; ses cheveux étaient noirs ; il portait, sous une tunique rouge, une chemise avec capuchon que recouvrait un manteau vert. Ses sandales étaient de bronze et la poignée de son épée en or. Il récita à Murgen le Táin Bo Cuanlge d’un bout à l’autre. C’est lui encore que nous écoutons.

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IIllustration de couverture : Le Minotaure, statue d'Hans Erni à Martigny, Suisse
Photo : © Patricia Camby

Composition et mise en page : © ATHENA PRODUCTIONS / DMi, 2002