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En démontrant que le Cantique était constitué des dialogues d’un jeu scénique, Ernest Renan ruinait les très belles exégèses symboliques qui voulaient faire de ce texte le chant des amours, tour à tour contrariées et épanouies, de Yahwé et d’Israël dans la tradition juive, ou du Christ et de son Église dans la tradition chrétienne. Ce que Renan ne pouvait pas imaginer, c’est que l’on trouverait, dans le siècle suivant le sien, au pays de Sumer, des tablettes qui allaient lui donner définitivement raison. Leurs protagonistes en seraient également un roi et un berger : Gilgamesh et Emkidu. L’enjeu de leur rivalité : la grande déesse Inana ou Ishtar. Un jeu scénique qui était régulièrement représenté sur les parvis des temples d’Ur ou d’Uruk, dans la Chaldée dont il est dit qu’Abraham vint.
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