Jean-Claude Frère, L'ORDRE DES ASSASSINS

Jean-Claude Frère
HASAN SABBAH OU
L'ORDRE DES ASSASSINS

COLLECTION LES MAÎTRES DU MYSTÈRE

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La secte du Vieux de la Montagne était-elle un ramassis de criminels ? Certainement pas. Ils ne tuèrent que pour se défendre contre leurs innombrables ennemis. Née au cœur de l’Ismaélisme, l’école fondée par Hasan Ibn Sabbah (1034-1124) « fut avant tout un grand mouvement spirituel, un des plus nobles et des plus dignes que le monde eut l’honneur de connaître et son premier grand maître fut non seulement un homme aux vues politiques hardies, mais encore un authentique prophète dans le sens très précis que l’Ismaélisme donne à ce mot. »
Jean-Claude Frère nous explique ce que fut l’aventure inouïe de ces hommes. Hérétiques pour le monde islamique, œcuménistes avant l’heure, ils tinrent le sublime pari de faire triompher le monde de l’Esprit du monde de la matière. « Ils ouvrirent une porte sur la lumière des orients éternels pour tous les cœurs épris de pureté et aspirant à l’avènement d’un monde régénéré. » Beaucoup plus proches des ésotéristes chrétiens que les musulmans sunnites, les Ismaéliens apparaissent ici, dans toute leur resplendissante jeunesse. « C’est le monde de la gnose qui s’attaque au monde profane, et, quelquefois, pour des raisons de survie de l’Ordre, les Ismaéliens réformés d’Alamoût (du nom de la citadelle du Roudbar qui fut le centre du mouvement) durent devenir des guerriers et des politiques. Alors, méprisant l’ordre humain et les lois des États, ils agirent par tous les moyens qui étaient à leur disposition. Mais jamais pour autant le crime politique ne fut, contrairement à ce que l’on a pu écrire, l’usage commun des actions de cet Ordre. »

S’appuyant sur les documents les plus rares, les moins connus, presque tous inédits, Jean-Claude Frère plonge le lecteur dans les sources mêmes du monde fascinant des compagnons de Hasan Sabbah, « Amis de Dieu », et Veilleurs (en grec Egregoroi, d’où le mot « égrégore », « rassemblement des veilleurs », c’est-à-dire des chevaliers de l’esprit) qui préparaient l’humanité nouvelle. Il souligne combien le fidèles (Fédawis) ne vivaient plus dans le cycle de l’humanité mais se mouvaient dans le « Troisième Règne », celui de l’Esprit, du Paraclet (alfarkalit), qui doit suivre le règne du Père et celui du Fils. Ainsi, la prophétologie ismaélienne nous offre une attente spirituelle, un millénarisme sensiblement proche de celui que connut l’Occident avec la doctrine du Paraclet chez Joachim de Flore à la même époque.
Il restitue à ces « Veilleurs » du monde de l’Esprit la situation qu’ils méritent dans l’aventure spirituelle des grands mouvements ésotériques.

Du même auteur, chez arbredor.com :

Raymond Lulle
Pythagore, l'initié de Samos

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