A Londres, en 1745, « le Seigneur » s’est révélé à lui, et lui a « ouvert les yeux sur le monde spirituel ». « Il me prêta alors et jusqu’à ce jour le pouvoir de communiquer avec les esprits et les anges. » Rien ne prédisposait pourtant cet esprit scientifique puissant aux tribulations d’une révélation personnelle. Assesseur des Mines, membre de l’Académie royale de Stockholm, il a publié des ouvrages de physique et de chimie (Prodomus principiorum rerum naturalium, Amsterdam, 1721), de philosophie et de minéralogie (Opera philosophica et mineralia, Leipzig, 1734) et de biologie (Prodomus de infinito et causa finali creationis deque mechanismo animæ et corporis, Leipzig, 1734).
Dans son æconomia Regni animalis (Amsterdam, 1740-1741), le biologiste s’affirme comme le plus grand philosophe de la nature que son époque ait connu.
Esprit scientifique donc et pratique (Assesseur des Mines était une fonction d’ingénieur), Emanuel Swedenborg est aussi un technicien visionnaire. Il imagine la machine à vapeur, le sous-marin, le fusil à air comprimé et un appareil volant à ailes fixes, mu par une hélice. Pour prendre les armées norvégiennes à revers au siège de Frederickshald, il réussit à faire transporter par la terre, sur une distance de près de soixante kilomètres, une corvette, deux galères et cinq chaloupes.
Dès 1736, Emanuel Swedenborg est sujet à des manifestations étranges : vertiges, visions de lumière, léthargies prophétiques, prémonitions singulières, perceptions à distance.
A partir de 1745, ses centres d’intérêt changent radicalement et il n’écrira plus que des ouvrages inspirés, parmi lesquels :
Arcana Cælestia (Les arcanes célestes, 1749-1756),
De Telluribus (Des Terres dans notre Monde Solaire, qui sont appelées Planètes, etc. Londres, 1758),
De Cœlo et Inferno ex auditis et visis (Du Ciel et de l’Enfer d’après ce qui a été vu et entendu, Londres, 1758),
De Nova Hierosolyma (La nouvelle Jérusalem, Londres, 1758),
De Ultimo Judicio (Sur le jugement dernier, Londres, 1758),
Sapientia angelica de Divino Amore et de Divina Sapientia (1763),
Sapientia angelica de Divina Providentia (1764),
Apocalypsis Revelata (L’Apocalypse révélée, 1766),
De Amore Conjugiali (De l’amour conjugal, 1768),
Summaria Expositio Doctrinæ Novæ Ecclesiæ (La doctrine de la Nouvelle Église, 1769),
Vera Christiana Religio (La vraie religion chrétienne, 1771).
Né le 29 janvier 1688 à Stockholm, Emanuel Swedenborg est mort à Londres le 29 mars 1772.
Le Traité de l’amour conjugal (De Amore Conjugiali) a inspiré le Séraphita et le Louis Lambert d’Honoré de Balzac qui dit un jour d’Emanuel Swedenborg : « Sa religion est la seule que puisse admettre un esprit supérieur. »