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Issu dune famille de petite noblesse, Louis Claude de Saint-Martin est né à Amboise (Touraine) le 18 janvier 1743. Il reçoit une éducation religieuse prodiguée par une belle-mère éclairée qui favorise chez lui « lépanouissement de nobles sentiments et dune grande sensibilité dâme ». Destiné par son père au barreau, il préfère la carrière militaire et obtient en 1765 il a 22 ans un brevet de sous-lieutenant au régiment de Foix, stationné à lépoque à Bordeaux. Dans les cercles maçonniques de cette ville il rencontre Martinez de Pasquali, juif converti au christianisme, qui ladmet dans lordre quil a fondé : lOrdre des Chevaliers Maçons Elus-Cohen de lUnivers.
Il quitte l’armée en 1771, pour rejoindre, à Lyon, Jean-Baptiste Willermoz un autre disciple de Martinez qui fondera, en 1778, le « rite écossais rectifié ». Entre temps il a fait paraître son premier livre : Des erreurs et de la vérité ou Les hommes rappelés au principe universel de la science (1775), une ardente réfutation du matérialisme de l’époque. En 1780, il arrive à Paris et devient bientôt le favori des plus grands personnages de la cour : le duc d’Orléans, la duchesse de Bourbon, le maréchal de Richelieu.
Il publie le Tableau naturel des rapports qui unissent Dieu, l’Homme et l’univers (1782), et parcourt l’Europe. En France, en Angleterre et en Italie, il initie plusieurs disciples, avant de s’établir à Strasbourg en 1788. Il y apprend l’allemand pour traduire Jacob Boehme que Mme de Böcklin lui a fait découvrir. Saint-Martin traverse sans encombres la tourmente révolutionnaire : son nom est même proposé, en 1795, pour une chaire de professeur à l’Ecole Normale. C’est qu’il porte beaucoup d’attention aux événements dans lesquels il voit « un châtiment nécessaire de la monarchie et du christianisme déchus ». châtiment d’où naîtra l’Église véritable, « la sublimité de la théocratie divine, naturelle et spirituelle ».
En 1798, l’Inquisition espagnole condamne son livre Des erreurs et de la vérité comme « attentatoire à la Divinité et au repos des gouvernements ».
Louis Claude de Saint-Martin est un auteur essentiel du courant illuministe qui s’oppose à l'esprit matérialiste des encyclopédistes du XVIIIe siècle. Opposé au matérialisme, l’illuminisme est aussi en rupture radicale avec la scolastique et, en mettant l’accent sur l’intériorité de la quête mystique, propose une lecture des textes chrétiens basée sur le néo-platonisme et l’expérimentation spirituelle.
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Louis Claude de Saint-Martin,
dit le Philosophe inconnu.
(1743-1803)
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| Le thème principal de Saint-Martin est l’idée que le retour de la Nature et de l’Humanité à l’unité de Dieu non seulement est possible mais en outre que ce mouvement de réintégration a commencé à agir dans l’histoire de l’humanité et qu’il dépend de chacun en particulier que ce mouvement s’accélère. De ce point de vue, Louis Claude de Saint-Martin a eu, sur les auteurs romantiques et sur les symbolistes, une influence importante. Louis Lambert, La recherche de l’absolu, ou Le lys dans la vallée d’Honoré de Balzac témoignent de la fécondité de sa pensée qui nourrit certaines des méditations de Ballanche, Chateaubriand et Lamennais. |
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Œuvres
Des erreurs et de la vérité
ou Les hommes rappelés au principe universel de la science (1775)
Tableau naturel des rapports qui unissent Dieu, l’Homme et l’univers (1782)
L’Homme de désir (1790)
Le Nouvel Homme (1792)
Ecce homo (1792)
Le Ministère de l’homme-esprit (1802)
Des nombres (posthume, 1842)
Traductions de Jacob Boehme
L’Aurore naissante, ou
la racine de la philosophie,
de l’astrologie et de la théologie (1800)
Des trois principes de l’essence divine (1802)
Quarante questions sur l’origine, l’essence, l’être, la nature et la propriété de l’âme,
et sur ce qu’elle est d’éternité en éternité ;
suivies de La base sublime et profonde des six points théosophiques (1807)
De la triple vie de l’homme, selon le mystère des trois principes
de la manifestation (1809)
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