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Sa date de naissance exacte nous est inconnue : sans doute, daprès les indications dEusèbe devons-nous la placer vers 640. Selon Athénée, elle aurait été la contemporaine du père du roi Crésus de Lydie, Alyatte (617-560). De sa biographie, nous navons que le témoignage de la Souda et quelques informations fournies par un papyrus Oxyrhyncos qui donne les noms de son père et de ses frères et une indication quant à son physique (« laide, noiraude et petite »). Fille du riche Scamandrônimos (ou, selon dautres de Simon, dEuniminos, dEurygios, dEkrytos, de Sémos, de Kamon, dEtarchos), elle appartenait à laristocratie et sopposa farouchement (comme Alcée, son contemporain) à la tyrannie de Myrsilos.
La Chronique de Paros nous apprend qu’en raison de son hostilité à Myrsilos, Sappho dut s’exiler à Syracuse (sans doute vers 598 av. J.-C.). A la chute du tyran de Samos, elle revint dans son île (Mytilini aujourd’hui). Mariée à un riche époux venu de l’île d’Andros, Kerkylas, elle eut une fille qui porta le même nom que sa propre mère, Cléis. Une légende propagée par le poète comique athénien Ménandre prétendit que par dépit amoureux (le jeune Phaon ne répondant pas à ses attentes) elle se serait suicidée en se jetant du haut du rocher de Leucade.Elle semble avoir aimé tendrement ses nombreux frères mais eut cependant de vifs échanges avec l’aîné d’entre eux, Charaxos pour des raisons surtout politiques. En effet, Charaxos, rompant avec les privilèges de sa caste et doté d’un fort esprit aventureux s’était lié à des marchands et s’était mis à pratiquer le commerce maritime.
Autre motif de reproches que Sappho adressait à son frère : le fait qu’il entretenait une liaison avec une courtisane égyptienne au nom de Doricha qu’il avait connue lors d’un séjour à Naucratis et pour laquelle il dilapida sa fortune. Les quelques vers qui relatent cette aventure amoureuse nous montrent une Sappho très attachée à l’honneur de sa famille.
Sappho ouvrit une école : « La Maison des servantes des Muses ». Dans cette institution, les jeunes filles apprenaient la musique, la danse, la poésie, tous les arts permettant de développer au mieux leur esprit. On sait que la poétesse éprouva pour quelques-unes une de ses pensionnaires une vive attirance et les fragments qui nous restent d’elle égrènent les noms de ses aimées : Attys, Anactoria, Gongyla...
Ce qui explique que, dès l’Antiquité, certains mauvais esprits ironisèrent sur la vie quotidienne au sein de cette école de jeunes filles. Ces critiques furent reprises avec plus de véhémence encore par les moralistes chrétiens qui provoquèrent sans doute les premiers autodafés des œuvres sapphiques jugées par eux malsaines. Le premier de ces inquisiteurs chrétiens fut, dès le IIe siècle, un des Pères de l’Eglise, Tatianos. Il est le premier auteur à clamer sa haine à l’égard de la poétesse mytilénienne dans des termes effrayants : « putain érotomane chantant ses débauches ». Jamais avant lui, un pareil anathème n’avait été lancé à son encontre. Au contraire, la plupart de nos sources antiques défendent la qualité de l’enseignement donnée par Sappho à ces jeunes filles dont la plupart appartenaient aux classes élevées de la société mytilénienne. Maxime de Tyr qui répondait aux premières invectives lancées contre Sappho se fit son zélé défenseur à l’époque de Marc-Aurèle, comparant son enseignement à celui que Socrate dispensa à ses disciples deux cents ans plus tard, comparaison, certes judicieuse, mais peut-être excessive...
Une tradition incontrôlable prétend qu’elle fut la maîtresse du poète Alcée.
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Sappho

Papyrus sur lequel un fragment de Sappho a été conservé.
Ed. pr.: R. Merkelbach,
ZPE 13, 1974, 214.
D. L. Page, Supplementum Lyricis Graecis, Oxford 1974,
S 476, S. 150
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