Jean-Baptiste Morin de Villefranche

Morin n’appartient pas à la noblesse. Bien qu’on le désigne le plus souvent sous le nom de « Morin de Villefranche », il ne s’agit là que de son lieu de naissance, dans le Beaujolais. Jean-Baptiste Morin naquit en 1583, il étudia la philosophie à Aix et, ensuite, la médecine à l’université d’Avignon et devint docteur en 1613. Il s’établit à Paris et sert chez Claude Dormy, évêque de Boulogne, qui lui conseille d’étudier l’astrologie, ce qu’il fera durant dix ans sans s’y intéresser outre mesure avant de découvrir ses vrais principes.

Morin devint un familier des Grands, mais jamais il n’a obtenu le titre d’« astrologue de la Cour ». Ce serait donc une erreur de soutenir qu’il fut le dernier astrologue officiel, même si, tout comme Larivière à la naissance de Louis XIII, il fut désigné pour assister à celle de Louis XIV, derrière un rideau. D’autres disent qu’un signal lui fut communiqué depuis la chambre royale : il était onze heures onze minutes quand le futur Roi-Soleil vint au monde. Il fut consulté par Richelieu, mais cela se termina par une brouille en raison d’une grave polémique sur le calcul des longitudes en mer et sur son adoption par la Marine royale. Morin fut plus heureux avec Mazarin. Ses œuvres montrent que Morin de Villefranche ne caressait pas uniquement des ambitions astrologiques.

Citons : Famosi problematis de telluris motu vel quiete hactenus optata solutio, en 1631, où il se déclare contre le système de Copernic ; Longitudinum terrestrium et caelestium nova et hactenus optata scientia, en 1634, qui devint en 1640 : Astronomia jam a fundamentis integre et exacte restituta. Morin nourrit autant d’espérances en astronomie qu’en astrologie. « J’avais eu deux desseins qui n’étaient pas petits, à savoir de réformer l’Astronomie, laquelle Ptolémée, Copernic ou Tycho Brahé avaient fondée sur de faux principes et de réformer encore l’Astrologie, laquelle jusqu’à présent avait été si décriée par ses ennemis qui l’ignoraient et ce, avec quelque apparence de raison, vu qu’outre les absurdités et sottises dont elle était farcie dans les livres, elle n’avait ni face ni forme de science, bien qu’elle soit la plus noble et divine des sciences naturelles. » Son intérêt pour l’astronomie l’entraîna en de mauvaises querelles que l’on fut tenté de mettre sur le compte de ses goûts astrologiques.

Morin ne semble pas avoir prévu sa propre mort. Il n’eut pas le temps ni le plaisir de voir publiée son Astrologia gallica ; Louise-Marie de Gonzague, reine de Pologne, versa 2000 thalers pour cette édition, conseillée, dit-on, par un secrétaire très épris d’astrologie. Morin mourut en 1656, le 6 novembre, à l’âge de soixante-treize ans, cinq années avant la parution de son chef-d’œuvre. Il fut inhumé dans l’église Saint-Étienne-du-Mont.

Jean-Baptiste Morin de Villefranche

Jean-Baptiste Morin de Villefranche
(1583 – 1656)

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