Lucien de Samosate

Lucien naquit à Samosate, dans la province romaine de Syrie, (récemment Samsat ou Sumaysat en Turquie, aujourd’hui noyée sous les eaux d’un barrage hydraulique).

La date de sa naissance n’a pu être fixée avec précision. On la place avec vraisemblance vers les dernières années du règne d’Adrien ou les premières de celui d’Antonin le Pieux, de 137 à 140 après J. C.

Lucien, entraîné vers les lettres par une vocation qu’il a rendue célèbre dans sa vision allégorique du Songe, embrassa d’abord la profession d’avocat et plaida dans les tribunaux d’Antioche. Mais à peine eut-il connu, suivant son propre aveu, tous les désagréments de ce métier, la fourberie, le mensonge, l’impudence, les cris, les luttes et mille autres choses encore, qu’il laissa là les procès et l’attirail de la chicane pour se tourner vers la rhétorique, et se mit à voyager en Ionie, en Achaïe, en Macédoine, en Italie et dans les Gaules, lisant ou récitant des opuscules du genre de ceux qui nous restent sous les titres d’Harmonide, Zeuxis ou Antiochus, le Scythe ou le Proxène, Hérodote ou Aétion, Bacchus, l’Eloge de la mouche, etc. Puis il se rendit à Athènes et qu’il fit un séjour à Rome auprès du célèbre philosophe Nigrinus. Devenu riche, et jouissant d’une grande réputation de rhéteur, il revint une seconde fois en Grèce, vécut à Athènes où il entra dans la seconde phase de son talent, en commençant son rôle de philosophe et de satirique.

L'assemblée des philosophes

Détail d’une mosaïque Pompéienne : l’assemblée des philosophes.

Doué d’une intarissable gaieté, qui éclate en saillies fines et sensées, d’un rare esprit d’observation, d’une connaissance profonde du cœur humain et de ses faiblesses ; habile à manier l’ironie et la satire, Lucien ne charme pas seulement son lecteur par ce fond unique de qualités merveilleuses, il le captive par la beauté de sa diction, par le don qu’il a de peindre et d’animer les objets. Son style, pur et plein de goût, respire cet esprit de bon aloi, cette originalité nette et vive, cette véritable perfection attique, qu’on ne retrouve, avant lui, qu’aux plus beaux jours de la littérature grecque.

Il mourut, âgé de quatre-vingt ou quatre-vingt-dix ans, aux alentours de l’an 192.

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