Jacob Boehme

De constitution fragile, le jeune Iakob ne fut pas considéré par ses parents fermiers comme apte aux travaux des champs et, après lui avoir fait fréquenter l’école de Seidenberg, ils le mirent en apprentissage, à quatorze ans, chez un cordonnier de la ville. La

légende veut alors qu’un mystérieux client de son maître lui ait dit : « Jacob, tu es petit, mais tu deviendras grand et un autre homme, tel que le monde en sera étonné. C’est pourquoi sois pieux, crains Dieu et honore ses paroles, et surtout lis volontiers les Saintes Ecritures, où tu trouveras consolation et enseignement, car tu auras à souffrir beaucoup de misères et de persécutions ; mais sois tranquille et ferme, car tu es aimé de Dieu et il a pitié de toi. »

En 1594, il s’établit à Görlitz où, devenu maître cordonnier en 1599, il épousa Catharina Kuntzchmann. Ils auront quatre enfants. A l’occasion d’une extase dont il est gratifié en 1600, il « voit et connaît », en un instant, « l’essence de tous les êtres, le fondement et le néant ». Il commence alors à rédiger, tout en continuant de mener la vie discrète d’un artisan. « Personne, à Görlitz, devant cet homme appliqué à rajuster des semelles et à pousser l’alène ne se douta qu’il avait l’esprit occupé de la pensée de Dieu et des fins dernières, » jusqu’au moment où parut, en 1612, copié à la main et répandu par des amis, Aurore naissante ou la Racine de la philosophie, immense périphrase d’un instant d’illumination visionnaire.

Le manuscrit tombe entre les mains des autorités ecclésiastiques. On y voit l’œuvre d’un dangereux hérétique. Emprisonné, il fut remis en liberté sous la condition de ne plus jamais écrire. Pendant cinq ans, il s’y astreint.

Jacob Boehme

Jacob Boehme
ou Böhme ou encore Behmen
est né en 1575 à Alt-Seidenberg en Silésie.

Mais la révélation qu’il avait reçue était trop forte et il reprit la plume pour composer une vingtaine de traités parmi lesquels : Six points théosophiques (1620), La signature des choses, (1622) et Le grand mystère (1624), sont considérés comme les plus importants.

Quand il décide de publier Le chemin pour aller à Christ (en 1624), les autorités de Görlitz l’exilent à Dresde, mais il revient mourir à Görlitz le 17 novembre de la même année.

Jacob Boehme n’a pas fondé d’ordre philosophique, mais de nombreux disciples éminents, en Angleterre d’abord, Robert Fludd et Francis Bacon, se nourrirent de sa pensée et la firent rayonner à travers leurs propres écrits. Il est considéré comme l’un des précurseurs des idéalistes allemands : Friedrich Hegel et F.W.J. Schelling.

Au nombre de ses œuvres :

Aurora consurgens (Aurore naissante ou la Racine de la philosophie), 1612.
Psychologia vera (Psychologie véritable), 1620.
Sex puncta theosophica (Six points théosophiques), 1620.
Sex puncta mystica (Six points mystiques), 1620.
De signatura rerum (La signature des choses), 1622.
Mysterium magnum (Le grand mystère), 1624.
Clavis (Les Clés), 1624.

arbredor.com a publié :

L’Aurore naissante
De la base sublime et profonde des six points théosophiques,
suivi de Mysterium Pansophicum

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