Babrius

Cet auteur vécut en Syrie dans la seconde moitié du Ier siècle à la cour de quelque roitelet oriental sous contrôle romain, en Cilicie selon toute vraisemblance. C’est là qu’il aurait été le précepteur du fils du roi local, un certain Brancchus, à qui il aurait dédié le premier livre de ses fables.

Jusqu’au XIXe siècle, on ne connaissait de ce Romain – son nom l’atteste clairement – que des fragments informes transmis par la Souda et surtout cent quarante-huit versions abrégées en prose dues à Ignatius Magister, récits que nous a préservé une des nombreuses recensions des fables ésopiques.

Heureusement, en 1843, le philologue grec Mynas, envoyé du gouvernement de Louis-Philippe, retrouva dans le monastère du Mont Athos un manuscrit renfermant cent quarante-trois fables originales de Babrius (sur les deux cents qu’il écrivit). A l’époque, la découverte fit sensation et permit de prendre enfin toute la mesure du talent de ce conteur.

Le léopard et l’éléphant.

Le léopard et l’éléphant.
Mosaïque de la « Villa del Casale », Piazza Armerina, Sicile.

Élégamment écrites, les fables de Babrius se ressentent de l’influence de Phèdre mais aussi du conte néobabylonien. Elles connurent un réel succès qui suscita dans les écoles de rhétorique des remaniements de toutes sortes dont l’auteur lui-même se plaignit dans la préface de son second livre de fables. Notons que l’empereur Julien goûtait fort l’œuvre de Babrius.

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