Avianus

Au IVe siècle, Avianus, composa quarante-deux fables imitées d’Ésope, pour la plupart des paraphrases savantes de Babrius, que cet auteur devait connaître par l’intermédiaire d’une traduction latine (due peut-être au rhéteur Titianus) qui circulait à son époque. Les historiens ont montré qu’il fut un disciple de Macrobe, un auteur païen, farouche adversaire du christianisme et auquel le livre de fables fut dédié sous le nom d’Ambrosius Macrobius Theodosius. Païen, Avianus le fut aussi probablement. Et il fut sans doute si opposé à la nouvelle religion que, par mépris – de l’avis des spécialistes – il refusa tout au long de son œuvre de faire la moindre allusion au christianisme, devenu pourtant officiel à la date de la publication des fables que l’on situe généralement vers 380 apr. J.-C.

Dans tous les cas, ces fables n’ont pas la vigueur de style et l’imagination narrative de Phèdre. À part quelques changements dans l’identité des personnages, Avianus s’est peu éloigné des modèles qu’il avait sous les yeux. Il est vrai que notre poète espérait conquérir une gloire littéraire, non par l’enrichissement des sujets – qu’il traitait comme Phèdre et même Babrius – mais seulement par son style ; ce qu’il n’a réussi qu’à moitié, car si sa langue est irréprochable et très classique (avec des emprunts

Le lion et l'âne

Le lion et l’âne.
Mosaïque de la « Villa del Casale »,
Piazza Armerina, Sicile.

virgiliens notables), le fait d’utiliser le vers élégiaque – un vers qui ne se prête guère à la composition d’un récit – rend certaines fables parfois très confuses.

Malgré ces défauts, les Fables d’Avianus ont, cependant, connu un succès considérable au Moyen Âge, bénéficiant de maintes adaptations latines, et même en ancien français, ce dont témoignent de très nombreux manuscrits du IXe au XVe siècle.

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